Le Vaudoué (77) : La Chapelle templière de Fourches


Visite guidée, avril 2012

La chapelle de Fourches reste le seul témoin encore debout de l’ancienne commanderie des Templiers datant du XIIe. Abandonné et oublié à la fin du XVIIIe siècle, ce patrimoine inestimable a pu être sauvegardé et entretenu par une association qui veut le voir préservé durablement.

Pendant près de deux siècles, personne ne s’est soucié de l’importance de ces ruines, situées dans le massif forestier entourant le village. Datée de 1150, la commanderie possédait une chapelle, un pressoir, une grange, un cellier et un cimetière. Elle est passée des mains des Templiers à celles des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et a subi les ravages de la guerre de Cent Ans. Totalement brûlée, elle a fini par devenir un ermitage jusqu’à la Révolution.

Abandonnée en 1790 après le décès du dernier ermite, elle a été transformée en carrière de pierres et envahie par le lierre et la végétation. Des bâtiments, il ne subsistera que les soubassements et la chapelle. Seule restée debout, cette dernière est sans toiture, ce qui la condamne à une destruction progressive par les intempéries. L’histoire aurait pu finir ainsi.

Les ruines du mur-clocher

Heureusement, Jean Vivien, instituteur à Fontainebleau, lance un appel en 1971 pour sauver la chapelle et obtient qu’elle soit inscrite à l’inventaire des Monuments historiques.

Deux ans plus tard, une association de passionnés d’histoire et d’archéologie, le CRDMA (centre de recherche et de documentation médiévales et archéologiques de Saint-Mammès), entreprend de sauvegarder, explorer et entretenir le site. Elle obtient pour cela les soutiens indispensables : l’autorisation du Service régional de l’Archéologie d’Ile de France, la permission de la propriétaire du terrain, Catherine Demoulin, et le prêt d’un minibus par la mairie de Saint-Mammès.

Dans l’esprit cictercien, l’architecture de la chapelle est d’une grande sobriété.

Le travail de l’association recouvre l’entretien de la chapelle et les fouilles sur le site ainsi que l’organisation de visites guidées. « L’entretien est un souci permanent. L’absence de toiture nous oblige à consolider régulièrement les parties supérieures des murs. Et chaque année, il faut aussi lutter contre l’envahissement de la végétation. On fait tout ça à la main, à l’ancienne », confie Claude-Clément Perrot, président fondateur de l’association.

Les campagnes de fouilles des années 80-90 ont révélé de nombreuses sépultures, 10 dans la chapelle et 63 dans les ruines du cimetière, ainsi que des objets tels une croix de Jérusalem et des céramiques. Les corps ont été laissés à leur place « par respect pour les voeux des défunts d’être enterrés à cet endroit », ajoute le président.

Par ailleurs, une cave et des latrines ont été découvertes. Mais aujourd’hui, la réglementation autorisant les fouilles est plus restrictive, conduisant l’association à cesser cette activité. « On se concentre sur l’entretien et on organise des visites guidées », précise le président, « l’important pour nous est d’assurer la pérennité du site. » Renseignements et visites au 06.66.53.93.56.

Le CRDMA a été fondé en 1967.  En 1981, il obtiendra, à l’échelon national, le 6e prix au concours du patrimoine ; en 1983, le premier prix de restauration d’architecture du département de Seine-et-Marne, et une mention spéciale en 1989. Son action s’est spécialisée sur les constructions souterraines et les commanderies de Templiers. Il organise des conférences et animations de monuments et des visites guidées.

Pour en savoir plus, consultez  le  blog du CRDMA77

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