Le Vaudoué (77), la pérennité de la chapelle de Fourches enfin assurée


Une vente historique

La préservation des vestiges de la Chapelle de Fourches-en-Gâtinais, situés sur la commune du Vaudoué, vient d'être consolidée par une vente historique réalisée au bénéfice du Centre de recherche et de documentation médiévales et archéologiques de Saint-Mammès (CRDMA). La parcelle privée de 2.296 m2 sur laquelle sont implantés les différents bâtiments de la commanderie des Templiers a été vendue en décembre 2014 par son ancienne propriétaire pour éviter à ce patrimoine exceptionnel de tomber en des mains indifférentes à sa préservation.

Les fonds nécessaires à l'achat ont été financés par un appel aux dons. "Pas un centime d'argent public n’a été utilisé pour cet achat, seuls quelques adhérents, amis et associations patrimoniales ont mis la main à la poche. Leurs noms figureront à l’entrée du site, car, grâce à eux, un élément architectural rare de notre patrimoine rentre dans le domaine associatif. Il appartient plus que jamais aux bénévoles de le protéger et de l’animer", déclare le président de l'association, Claude-Clément Perrot.

 

Préserver et transmettre l'histoire

Cette vente vient récompenser l'engagement passionné des bénévoles qui, depuis plus de quarante ans, font tout pour que l'histoire de cette commanderie soit préservée et transmise aux générations présentes et futures. Au fur et à mesure de l'avancement des campagnes de fouille et de la restauration, l'association a organisé des visites guidées, des animations pour enfants, des conférences, et édité une revue. De plus, Claude-Clément Perrot a consacré un mémoire à la chapelle et collaboré au  film documentaire de 54 minutes réalisé par Roger Vallet, "Les Templiers en Seine-et-Marne", montrant les traces archéologiques et les bâtiments subsistant encore dans le département.

Devenu propriétaire, le CRDMA peut désormais clôturer la parcelle pour la protéger, organiser librement des rencontres et des expositions éphémères, bref, animer le site tout en le préservant. Après ces années de travail, rien de surprenant à ce qu'aujourd’hui, l'engouement pour la chapelle et sa remarquable histoire gagne les associations culturelles et les communes de la région accueillant les animations du CRDMA et lui reversant le prix des entrées.

 

L'histoire d'un sauvetage

Pourtant, pendant plus de deux siècles, personne ne s’est soucié de l’importance de ces ruines dans le massif forestier entourant le village. Datée de 1150, la commanderie possédait une chapelle, un manoir, un pressoir, une grange, un cellier, des latrines et un cimetière. Elle est passée des mains des Templiers à celles des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et a subi les ravages de la guerre de Cent Ans. Totalement en ruines, elle a fini par devenir un ermitage jusqu’à la Révolution. Abandonnée en 1790 après le départ du dernier ermite, elle a été transformée en carrière de pierres et envahie par le lierre et la végétation. Des bâtiments, il ne subsistera que les soubassements et la chapelle. Seule restée debout, cette dernière est sans toiture, ce qui la condamnait à une destruction progressive par les intempéries. L’histoire aurait pu finir ainsi.

Mais le sort en a décidé autrement. En 1971, Jean Vivien, instituteur à Fontainebleau, découvre le site. Dans un article publié par la "Revue des Amis de Moret et de sa Région", il lance un appel pour sauver la chapelle. "L'état d'abandon dans lequel se trouvent ces ruines fait peine à voir, et le but de cette communication est de les faire connaître et de souhaiter qu'elles soient dégagées de l'implacable végétation qui les envahit", écrit-il. Son souhait est entendu par le CRDMA, jeune association de bénévoles passionnés d'archéologie médiévale, dont le plus âgé a tout juste vingt-cinq ans. Les actions de sauvetage et d'exploration commencent en 1973. Un patient travail réalisé avec les moyens du bord met à jour une cave et des latrines, et les campagnes de fouilles des années 80-90 révèlent 63 sépultures. Les corps sont laissés à leur place "par respect pour les voeux des défunts d’être enterrés à cet endroit", précise le président.

Pour découvrir la suite de cette histoire ou adhérer à l'association, contacter le Centre de recherche et de documentation médiévales et archéologiques de Saint-Mammès (CRDMA) au 06.66.53.93.56. La cotisation est de 10 euros/an.

 
 

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L'architecture de la chapelle, datant d'environ 1150, est sobre, dans l'esprit cistercien.(Cliquer sur les photos pour les agrandir)

 

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L'arc triomphal marquant la séparation entre la nef et le choeur, surmonté par un clocher-mur.

 

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En 2013, une statuette de la Vierge Marie, patronne de l'ordre des Templierss, est scellée dans l'abside de l'oratoire. Sculptée bénévolement par Katy Peureau, vice-présidente du CRDMA, la sculpture a été réalisée en béton cellulaire peint et équipée d'une puce électronique pour la localiser en cas de vol. La statue de la Vierge est un élément religieux essentiel qui était présent dans toutes les commanderies, sous forme de pierre ou de bois.

 

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En décembre 2014, la "légende dorée de Saint-Nicolas", manifestation organisée en musique pour les grands et les petits autour d'un feu de camp.

 

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A chaque visite, l'infatigable Claude-Clément Perrot raconte avec la même passion l'histoire captivante de la commanderie de Fourches-en-Gâtinais

Le CRDMA a édité un DVD intitulé « Les Templiers en Seine-et-Marne ». Il est disponible auprès de Studio R’Vidéo au 01.64.69.29.89 ou à l'adresse v.roger11@gmail.com
Ce DVD comporte 3 volets :
- L’origine de l’ordre des Templiers
- Le recensement des sites templiers en Seine-et-Marne
- Les travaux du CRDMA sur le site de la Chapelle de Fourches
Prix du DVD : 16€

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