Noisy-sur-Ecole (77) : Marcelle veut l’électricité dans son wagon


A 74 ans, Marcelle Bouquet vit depuis cinquante ans dans un ancien wagon sur un bout de terrain municipal à Noisy-sur-Ecole (77), avec un confort minimum. Son électricité est fournie par un groupe électrogène. Elle demande à être enfin raccordée au réseau électrique.

Marcelle (à droite) et sa fille Mireille dans le wagon

Marcelle (à droite) et sa fille Mireille dans le wagon ©cbadel

L’histoire commence en août 1964. La propriétaire de leur location vend sa maison au hameau d’Auvers et Jean-Louis Bouquet, bucheron, sa femme Marcelle, couturière et leurs quatre enfants, trois filles et un garçon, doivent se reloger. Ils demandent alors au maire de l’époque s’ils peuvent s’installer dans le wagon désaffecté, anciennement utilisé comme vestiaire de sport par les enfants de la commune. Il est situé au même endroit qu’aujourd’hui, à l’angle de la départementale 16 et de la rue du Pont de l’Arcade, et a une superficie de 2 m sur 9.

Le maire leur donne l’autorisation verbale d’y loger gratuitement pendant deux semaines, mais ne dit ni ne fait rien pour les déloger lorsque les Bouquet restent au-delà de cette période.

La famille s’installe progressivement. Un puits est creusé pour recueillir l’eau au moyen d’une pompe à main, et ensuite la faire chauffer pour la toilette. L’éclairage se fait d’abord à la bougie, puis à la lampe à pétrole, le wagon est isolé avec de la frisette et le chauffage se fait avec un petit poêle à bois.

La famille s’agrandit avec la naissance de deux autres filles. Ils sont alors huit, adultes, enfants et bébés, à vivre dans le même espace, avec des lits superposés. Pendant les trois premières années, une taxe d’habitation est perçue, puis s’interrompt.

Au fil du temps, c’est l’absence de raccordement au réseau électrique qui se fait le plus ressentir. Des demandes adressées aux municipalités successives ont pour réponse qu’il s’agit d’un terrain municipal en zone non constructible et que la mairie n’a pas obligation de raccorder.

De plus, EDF exige que l’installation soit d’abord mise aux normes, ce que Marcelle Bouquet se dit prête à faire faire à ses frais. Reste le plus gros obstacle, celui du coût de raccordement, évalué à 50.000 francs (9.819 euros) en 1992. Au final, c’est la solution de fournir un groupe électrogène et d’aider à l’achat d’essence qui a été retenue.

Mais le groupe ne fonctionne que deux heures par jour et il est difficile à l’usage. D’une part, sa durée de vie sans réparations excède rarement deux ans et, d’autre part, le démarrage à la corde est difficile pour la veuve de 74 ans se retrouvant maintenant seule à le faire depuis le décès de son fils en septembre 2013.

En réponse à la demande de Marcelle, la précédente municipalité (mandature 2008-2014) a proposé d’aider à la reloger dans un appartement situé dans un autre village, ce qu’elle refuse avec vigueur : “Ma vie est ici, proche de la nature qui m’entoure, avec mes cinquante ans de souvenirs, ma chienne, mes poules et mes oies. Et je ne veux pas m’éloigner de mes enfants et petits-enfants”, confie-t-elle.

Sa fille Mireille ajoute “La mettre en appartement serait la mettre en prison. Excepté l’électricité, elle a tout le confort qu’elle souhaite dans un environnement qu’elle aime, proche de sa famille”.

A l’occasion de la distribution des paniers de Noël 2013, la septuagénaire s’est entendu dire “EDF n’a pas eu le temps de s’en occuper avant Noël, mais cela va se faire après les fêtes”. La même promesse lui a déjà été faite par le passé, sans résultats, alors elle n’ose espérer.


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13 commentaires sur “Noisy-sur-Ecole (77) : Marcelle veut l’électricité dans son wagon

  • claude

    Lamentable d’avoir laissé cette situation se dégrader !
    Encore plus lamentable de ne rien faire !
    Quelques fleurs en moins deci-delà, quelques “fioritures” pas vraiment indispensables, … permettrait à la commune de trouver le budget pour, une fois n’est pas coutume, être “humain” !!!

  • bouquet

    cela fait tellement d annees que ca dure,le temps passe et rien n arrive,comment se fait il qu a notre epoque cela existe encore,maman ne demande pas grand chose,l electricite comme tout le monde ,pas pour faire bien ,seulement pour vivre mieux et pouvoir regarder la television par temps de solitude,ca n est pas grand chose ,mais c est encore trop,depuis des dizaines d annees tous ont promis mais toujours rien un comble,tout n etait que mensonge

  • lecoroller

    une petite précision que j’ai omis sur mon message ci-dessus et en réponse au message de XAV l’ancienne municipalité n’a pas fait que de s’engager sur l’achat d’un groupe électrogène puisque celle ci s est aussi engagée en 2010 et en 2013 à la raccorder au réseau électrique..bien sur c promesses n’ont pas été écrites mais verbales.. encore plus facile de cette façon de ne pas respecter c engagements d’ailleurs si cela a été précisé dans l’article paru sur la république de seine et marne c est uniquement parce que cela est vrai!!

  • lecoroller

    C est inadmissible de voir ça de nos jours et surtout autant d indifférence…quant à l ancien conseil municipal je dirai juste “DE BEAUX PARLEURS” enfin beaux faut le dire vite de sacré baratineur honte a vous!

  • Xav

    L’ancienne municipalité s’était engagée sur différents points comme la fourniture d’un groupe électrogène, etc, et avait sollicité ERDF et l’organisme CONSUEL pour obtenir un avis.
    Divers devis avaient été, plus antérieurement, faits afin d’obtenir une idée chiffrée du coût.
    Mais, des échéances électorales sont passées et il semblerait que d’autres orientations priment…

    • Catherine

      Oui, c’est ce qu’il semble. Marcelle Bouquet n’est pas un enjeu électoral, n’a pas de poids financier, n’a pas de réseau d’influence. Donc, difficile d’être écoutée. En plus, il est possible qu’elle dérange…

  • Catherine

    Le recyclage de wagons en habitat par des personnes aux revenus modestes était assez fréquent dans les années 50, car il y avait une petite ligne qui passait par Noisy. Par ailleurs, il existe aussi le recyclage de cars.

  • Cadel

    Bravo Catherine pour cette histoire qui mérite d’être contée. Et merci pour la courageuse et très discrète Marcelle qui, en dépit des difficultés, a su élever ses enfants et préserver sur ce petit carrefour municipal un espace exemplaire de nature et de vie simple. Je m’étais souvent interrogée sur ce recyclage original d’un wagon en habitat..