Boissy-aux-Cailles : Mémoire de la Libération


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La commune de Boissy-aux-Cailles a célébré avec un an d’avance le soixante-dixième anniversaire de la libération de nos villages en rendant hommage à un habitant évadé de France pour rejoindre les Forces françaises libres, et en exposant des maquettes retraçant les combats de la libération de nos villages.

En mettant à l’honneur Richard Singer, Boisséen de 92 ans, la commune a exprimé son respect et sa reconnaissance pour un homme modeste au parcours de combattant exemplaire. Le maire et troisième vice-président de la Communauté de communes des Terres du Gâtinais, Patrick Pochon, a retracé le parcours de cet homme à l’énergie et à la volonté exceptionnelles.

Richard Singer n’a pas coutume de se raconter ni de porter les décorations dont pourtant il peut être fier : croix de guerre avec palme, médaille des engagés volontaires, médaille des évadés. Engagé volontaire aux chantiers de jeunesse en 1941, à l’âge de 19 ans, il s’évade de France par l’Espagne pour échapper au Service du travail obligatoire (STO) et rejoindre les forces du général De Lattre en Afrique du Nord. Il n’y parvient qu’après un long périple en Espagne où il est capturé et emprisonné par le régime franquiste.

Il s’évade au bout de trois mois et gagne Casablanca. Il s’engage alors dans la 1ère Armée française et est affecté à l’entretien du matériel. Mais il rechigne à se contenter de ce poste, car il veut aller sur le front. Il entre donc dans l’école des cadres de Douera (province d’Alger) et est repéré par le général De Lattre dont il devient le garde du corps. Il est à ses côtés le 15 août 1944, lors du débarquement de Provence. Intégré au 1er bataillon de choc parachutiste, il est nommé sous-officier et remonte la vallée du Rhône jusqu’aux Ardennes. Il est blessé au combat dans les Vosges le 9 novembre 1944. « Sa fougue et son enthousiasme au service de la France sont pour tous un témoignage de patriotisme », a déclaré le maire.

Exposition

La pièce maîtresse de l’exposition était la grande maquette réalisée par André Lenoir, reconstituant les violents combats qui se sont déroulés durant la journée du 22 août 1944 entre Marlanval (hameau de Boissy-aux-Cailles) et La Chapelle-la-Reine. Le bilan des affrontements fut lourd avec 9 soldats américains, dont trois officiers tués et 40 blessés. Côté allemand on a dénombré 75 morts et 278 prisonniers. D’autres maquettes, réalisées par Eric Chouler et le « Groupe 6ème légion » ont raconté la libération en modèle réduit. Et enfin, René Letourneau a prêté une partie de sa collection de documents et armes de l’époque. « Cette exposition est là pour nous rappeler que dans nos champs, sur nos chemins, des hommes venus de loin ont versé leur sang pour notre liberté », a conclu Patrick Pochon.

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L’une des scène de la France libérée (Eric Chouler) ©cbadel

La progression des forces américaines de Marlanval à La Chapelle

L’un des détails de la maquette d’André Lenoir ©cbadel


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