Obsèques de Frédéric Boisseau : L’humanité retrouvée


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Frédéric Boisseau a été décoré de la Légion d'honneur à titre posthume par François Rebsamen, ministre du travail et de l'emploi.

Les obsèques de Frédéric Boisseau, première victime de l'attentat contre Charlie Hebdo, ont été un moment poignant, non seulement à cause de la douleur de la famille et des proches, mais aussi parce que la mort de Frédéric et des autres a fait ressentir toute la portée de cette valeur qui nous rend humains, la fraternité. Dans le canton de La Chapelle, ce principe au coeur de la République s'est traduit par  "Nous sommes Frédéric". Et aux obsèques à Recloses, la légion d'honneur à titre posthume a symbolisé la reconnaissance de la Nation.

La légion d'honneur

"Il n'existe aucune hiérarchie des peines et des hommages [...] Ils sont douze à être pleurés par la République, car la République n'oublie personne, elle ne distingue pas entre ses enfants" a affirmé le ministre du Travail et de l'Emploi, François Rebsamen avant de remettre la légion d'honneur à titre posthume à Frédéric Boisseau, "l'un de ces visages amicaux, bienveillants, de la France au travail". Par ailleurs, l'Etat a pris en charge les frais d'obsèques et François Hollande a reçu la famille.

L'hommage du Département

Frédéric, 42 ans, fut la première victime de l'attentat. Chef d'équipe du groupe Sodexo, il effectuait une visite de l'immeuble abritant Charlie Hebdo pour un repérage des travaux de maintenance à effectuer.  Il ignorait alors où se trouvait la rédaction du journal. Visiblement étreint par l'émotion, Vincent Eblé, président du conseil général de Seine-et-Marne, s'est adressé à sa compagne et à ses deux enfants de 10 et 12 ans "Catherine, Cédric et Baptiste, votre compagnon, votre père, était là au mauvais moment, au pire moment. Parce qu'il n'a pas su renseigner les terroristes, ils l'ont abattu sans aucun motif réel"

La solidarité de tous

Le Département, les communes, le collège, l'école, la Sodexo, le club multisport ESF77 ont concrétisé leur solidarité par des aides financières et des collectes. Le Département a voté une aide exceptionnelle de 5.000 euros et se charge des frais de scolarité et de demi-pension du collège de La Chapelle où l'aîné est scolarisé. La collecte effectuée au collège a été remontée à la Sodexo car cette dernière s'est engagée à doubler le montant total recueilli auprès de ses employés. Des commerces locaux ont également manifesté leur soutien matériel, comme un hypermarché, un point presse, une boulangerie, et la liste s'allonge. "Nous resterons Charlie et nous resterons Frédéric" proclament de nombreux habitants.

La fraternité

Ceux qui ont observé la famille au cours de la cérémonie, ont pu remarquer la fraternité puissante unissant tous ses membres et leurs amis proches, s'exprimant par les regards, par les geste protecteurs et affectueux, par les mots de réconfort. Cette fraternité était partagée par les quelques 600 personnes debout dans le froid, massées à l'extérieur de l'église trop petite pour les accueillir. En célébrant les obsèques religieuses,  Mgr Jean-Yves Nahmias, évêque de Meaux, a rappelé qu'aucune religion ne peut instrumentaliser Dieu pour justifier la violence. L'inhumation a eu lieu dans l'intimité au cimetière de Villiers-sous-Grez.

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Cliquer sur les photos pour les agrandir

 

 

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L'équipe de Frédéric à la Sodexo, dont le président fondateur, Pierre Bellon, était parmi les personnalités présentes

 

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Discours de Vincent Eblé, sénateur, président du conseil général de Seine-et-Marne

 

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Les obsèques religieuses ont été célébrées en l'église de Recloses par Mgr Jean-Yves Nahmias, évêque de Meaux

 

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D'innombrables couronnes, bouquets, plaques pour dire "je t'aime" à Frédéric, surnommé Frédo ou Chouchou, et aux siens. (photo S.V.)

Ne les oublions pas


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Commentaire sur “Obsèques de Frédéric Boisseau : L’humanité retrouvée

  • christine Arfeuillères

    Une cérémonie très émouvante en effet. C’est bien d’avoir rappelé que « aucune religion ne peut instrumentaliser Dieu », et surtout pas pour « tuer ». On pourrait ajouter que « toutes les grandes religions, Boudhiste, Juive, Chrétienne, Islamique, reposent sur les mêmes préceptes qui commencent par « Tu ne tueras point ! »
    Mais les textes sacrés sont interprétés avec des traductions pleines d’erreurs – et nos sociétés abusent du verbe « Tuer », au point de le banaliser, d’en faire (d’enfer) des jeux… de massacre.
    La fraternité n’a malheureusement pas empêché la guerre de 14-18,
    ni la montée du nazisme, ni la désignation intentionnelle et malvenue de boucs-émissaires.